Meaulnes (et nous l’avons été si peu)

d’après le roman d' Alain-Fournier
mise en scène Nicolas Laurent

Entre quête de l’absolu et fièvre des amours impossibles, Nicolas Laurent puise à la source du livre culte d’Alain-Fournier.

Adolescent idéaliste, Augustin tombe par hasard sur une fête étrange et extraordinaire, au cours de laquelle il s’éprend d’une jeune femme, Yvonne de Galais. Dès le lendemain, il cherche à la retrouver, aidé par François, son camarade de classe…

Le Grand Meaulnes est l’unique roman d’Alain-Fournier, qui l’écrivit en 1913 à l’âge de 27 ans, peu avant de mourir sur le front. Récit initiatique, il nous plonge dans les états d’âme fiévreux de l’adolescence, la quête d’absolu et la perte inexorable de l’enfance. Entre narration et incarnation, Nicolas Laurent offre à la scène les sentiments enflammés de cette œuvre culte, et nous ouvre, grâce à l’apport de l’image vidéo, des horizons méditatifs et des chemins buissonniers.

Espace Pro
Création / Coproduction
Théâtre
1h30
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Distribution

avec Max Bouvard, Camille Lopez, Paul-Émile Pêtre

assistanat à la mise en scène Gilles Perrault
vidéo Loïs Drouglazet, Thomas Guiral
son Cyrille Lebourgeois
scénographie Marion Gervais
lumière Jeremy Chartier

production déléguée CDN Besançon Franche-Comté / coproduction Théâtre de Sartrouville et des Yvelines – CDN, MA – Scène nationale – Pays De Montbéliard, Compagnie Vraiment Dramatique / avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication – DRAC Bourgogne Franche-Comté, de la Ville de Besançon et de la Région Bourgogne Franche-Comté
© D. R.

 

Trois questions à NICOLAS LAURENT

Qu’est-ce qui vous a marqué à la lecture du Grand Meaulnes ?
C’est cette quête désespérée de l’amour perdu, du bonheur, de la joie, qui traverse les personnages au fil du récit. Il s’agit aussi d’une quête de soi : en recherchant ce « domaine mystérieux », ils se cherchent eux-mêmes. On dit d’ailleurs parfois que Le Grand Meaulnes est un roman d’aventure intérieure. J’ai emprunté le titre du spectacle à une phrase du livre : « Tout paraissait si parfaitement concerté pour que nous soyons heureux. Et nous l’avons été si peu !... » Finalement, les personnages ne parviendront pas à trouver ce bonheur rêvé. Il y a là quelque chose de profondément mélancolique qui me touche.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de porter le roman à la scène ?
Je l’ai lu adolescent, puis relu à l’âge adulte, et il y a toujours une part de mystère qui m’échappe. Je pensais que la cage du théâtre pourrait me révéler ce qui est au fond l’essence même de ce livre. Mon point de départ a été une série de questions : Comment adapter cet ouvrage, alors que ses nombreux lieux et personnages en font un récit a priori anti-théâtral ? Quelles situations dramatiques puiser dans ce texte qui en contient peu ? Qu’est-ce que cette histoire dit de nous aujourd’hui ? Ma démarche ne consiste pas à raconter stricto sensu la fable du roman, mais plutôt à interroger la manière dont on adapte un livre pour en faire du théâtre.

Alain-Fournier disait qu’avec Le Grand Meaulnes, il avait cherché et trouvé son chemin d’écriture. Est-ce une aventure semblable pour vous ?
Je ne me le suis pas formulé ainsi, même si l’écriture de la pièce est en effet une dramaturgie de la recherche. Cette recherche au plateau reflète la quête intérieure des personnages. Sur la scène s’opère ainsi un aller-retour constant entre la fiction et la réalité, le texte littéraire et l’illusion théâtrale, l’incarnation des personnages par les comédiens et notre propre réflexion sur le métier d’acteur ou de metteur en scène. C’est ce processus vivant, fait de doutes et d’essais, que nous voulons partager en direct avec le public.