Historique

1966 > 2020

Les grandes étapes du Théâtre

LA CRÉATION

En 1966, • Claude Sévenier prend la direction d’une petite salle à Sartrouville (actuel Espace Gérard-Philipe). Il est porté par le désir d’inscrire le théâtre dans la cité et avec la cité, et de confier l’animation du lieu à des artistes. Il fonde le Théâtre de Sartrouville et s’entoure, pour le diriger à ses côtés, de deux artistes émergents dont il a repéré le travail audacieux et novateur : Patrice Chéreau et Jean-Pierre Vincent. Cette équipe jeune, inspirée et militante développe à la fois un travail de création théâtrale et des actions artistiques et culturelles en direction de la population, adultes et publics scolaires. Les spectateurs sont au rendez-vous et contribuent par leur présence à forger peu à peu l’identité de ce nouveau Théâtre, qui affirme la vitalité de la création théâtrale loin de la capitale.

En 1969, • Catherine Dasté, auteure et metteure en scène, se rend dans des écoles Sartrouvilloises et y recueille des histoires racontées par les enfants. À partir de ces récits, elle monte L’Arbre sorcier, puis d’autres spectacles. Claude Sévenier l’invite à les jouer sur la scène du théâtre de Sartrouville. Leur rencontre est le point de départ d’une collaboration fructueuse : avec sa compagnie La Pomme verte, Catherine Dasté s’installe en résidence à Sartrouville et y entame une véritable politique de création théâtrale pour la jeunesse, qu’elle poursuivra durant 20 ans. En 1970, le théâtre de Sartrouville devient l’un des premiers centres d’action culturelle en France.

LA CONSTRUCTION DU NOUVEAU THÉÂTRE

Claude Sévenier fait construire un nouveau théâtre, outil nécessaire pour accueillir des spectacles de haut niveau et un public de plus en plus large. Conçu par les architectes Valentin Fabre, Jean Perrottet et Alberto Cattani, il est doté d’une grande salle de 850 places et d’une salle de répétition. Il est inauguré en 1986, et L’Espace Gérard-Philipe devient essentiellement le lieu d’accueil de la programmation jeune public.

À la question obstinée de la création et du public, de la place des artistes au coeur des théâtres, et de celle des théâtres dans la cité, le Théâtre de Sartrouville décide d’apporter une réponse innovante, en imaginant le concept d’Artistes associés. La compositrice et interprète Angélique Ionatos et l’auteur et metteur en scène Joël Jouanneau s’installent dans ce Théâtre qui n’est plus seulement un lieu de résidence artistique, mais devient aussi « le leur »…

LA NAISSANCE D’HEYOKA

En 1989, le Théâtre de Sartrouville devient Heyoka, l’un des cinq centres dramatiques pour l’enfance et la jeunesse. Claude Sévenier, à sa tête, est le premier directeur non-créateur nommé par l’Etat. Ouvrir la création jeune public à de nouveaux artistes, rendre toute sa place à cette discipline trop marginalisée, tels sont les objectifs d’Heyoka. Des metteurs en scène de la jeune génération et d’autres, plus confirmés, feront le pari de la création pour les enfants par ce détour enchanté dans leur itinéraire : Stanislas Nordey, Olivier Py, Nicolas Lormeau, Arlette Bonnard, Marcel Bozonnet furent parmi les premiers.

Dans le paysage culturel français du début des années 1990, le Théâtre de Sartrouville a cette singularité de réunir en un même lieu une scène nationale, un collectif d’artistes associés et un centre dramatique national pour l’enfance et la jeunesse, Heyoka.

LA CRÉATION D’UN FESTIVAL POUR LA JEUNESSE

En 1997 naît Odyssées 78, biennale de création théâtrale pour la jeunesse, un événement départemental imaginé par Heyoka avec le soutien du Conseil général des Yvelines. Une politique des écritures se met en place avec l’ambition de convaincre des auteurs pour que naisse un véritable répertoire de théâtre pour la jeunesse. La • Collection Heyoka-Jeunesse, en co-édition avec Actes Sud-Papiers, est créée dans cet objectif en 1999.

L’ACCÈS AU STATUT DE CDN

La Scène nationale de Sartrouville et le Centre dramatique pour l’enfance et la jeunesse Heyoka fusionnent et, sur proposition de l’État en concertation avec les collectivités territoriales, le Théâtre de Sartrouville accède au statut de Centre dramatique national (CDN)*, co-dirigé par Claude Sévenier et Joël Jouanneau.

En 2004, le metteur en scène Laurent Fréchuret est nommé directeur aux côtés de Claude Sévenier. Cinq ans plus tard, le Théâtre devient le Théâtre de Sartrouville et des Yvelines–CDN pour une présence artistique renforcée dans le département. Pour sa 7e édition, Odyssées 78 devient Odyssées en Yvelines afin de rendre plus lisible l’ancrage dans le département. Le travail de création s’oriente plus nettement vers les adolescents et la jeunesse.

L’EXTENSION DU THÉÂTRE

En projet depuis plusieurs années, la construction d’une petite salle de spectacles et d’une salle d’audition est réalisée, en extension du grand Théâtre.

En 2013, le metteur en scène Sylvain Maurice est nommé directeur du CDN. Il s’entoure d’un Ensemble artistique qui réunit les metteur·e·s en scène Jean-Pierre Baro, Olivier Coulon-Jablonka, Bérangère Vantusso et le musicien Alban Darche. De 2017 à 2019, Sylvain Maurice propose un nouvel Ensemble composé d’Olivier Balazuc, Simon Delattre, Magali Mougel, Bérangère Vantusso. Constitué autour de deux auteurs et deux metteur·e·s en scènes-marionnettistes, l’Ensemble 2 a pour ambition de mettre en lumière la multiplicité des écritures d’aujourd’hui : « écriture de plateau », commande aux auteurs, jeu avec les formes et les disciplines (où le texte se met au service d’autres arts comme la marionnette ou la musique), adaptation d’œuvres romanesques ou cinématographiques.