THEATRE
MAR 10, MER 11 FEVRIER 2009
21 H
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durée prévue 1 h 30
en temps scolaire pour les CM1/CM2
« Chéreau-Blanc, un duo poétique. C’est dans la tension entre la sobriété du dispositif et l’extraordinaire intensité de la parole que se situe ce moment admirable. »
Le Monde
La Douleur
De Marguerite Duras
mise en scène Patrice Chéreau
et Thierry Thieû Niang
Dominique Blanc, comédienne d’exception, incarne La Douleur, journal d’une attente. Celle de Marguerite Duras guettant au printemps 1945 le retour de son mari, déporté en Allemagne. En ce mois d’avril, elle ignore s’il vit encore. Errante dans une ville assommée, courant de bureau en bureau, maudissant son téléphone, ne mangeant plus, ne dormant plus, elle attend, elle guette, elle cherche le moindre signe qui nourrisse son espoir. Alors qu’alentour la joie de la Libération s’exalte peu à peu, la guerre continue en elle. La douleur de l’incertitude, qui coupe le souffle et suspend l’existence, ne se terminera pas avec le retour de Robert L. Il faudra encore endurer la lutte pour la vie de ce corps martyrisé par l’expérience concentrationnaire.
Ecrit à la fin de la guerre, oublié dans une maison de campagne, retrouvé, puis édité en 1985, ce journal est aux yeux de Marguerite Duras une des choses les plus importantes de sa vie. Face à « ces pages régulièrement pleines d’une écriture extraordinairement régulière et calme, je me suis trouvée devant un désordre phénoménal de la pensée et du sentiment auquel je n’ai osé toucher et au regard de quoi la littérature m’a fait honte », livre-t-elle.
Patrice Chéreau qui a su, la saison dernière, s’emparer des affres de Dostoïevski, se saisit de ce matériau brut, parfois brutal, pour mettre en scène sa Phèdre de naguère, Dominique Blanc.
Comédienne d’une rare sensibilité, elle fait résonner les mots de Duras, ces mots calmes qui disent la fébrilité, l’authenticité d’un cri étouffé. Jusque dans ses silences, elle met à nu la simplicité et l’intensité de l’écriture durassienne. Douloureusement beau.

