THEATRE
création le 9 nov 2006
Sur une scène-désert livrée à la seule fureur de ses acteurs, Laurent Fréchuret met en gouffre la désespérante descente aux abîmes de Lear, et prend tant de plaisir à nous la conter que chaque personnage de la foisonnante intrigue acquiert tout à coup une singulière densité. Télérama
Laurent Fréchuret, scrupuleux et intuitif, appuie son travail sur une traduction nouvelle de Dorothée Zumstein, une traduction pour la scène. Dominique Pinon est un admirable Lear, du premier au dernier mot. Le Figaro
Une œuvre terrible et grandiose dans une création réjouissante où l'on frémit, où l'on rit, où l'on est saisit. Ici Shakespeare a été réadapté dans une langue volontairement actuelle. Laurent Fréchuret en propose une très belle mise en scène. En tête d'une troupe à l'unisson, un magnifique Dominique Pinon. Pariscope
En attendant le triste et tragique épilogue, le public rit. A maintes reprises. Là est, sans doute, la première qualité de cette mise en scène : au-delà du choix vertueux d'une scénographie dépouillée, il a réussi, sans perdre de vue le caractère fondamentalement tragique de la pièce, à mettre en lumière les traversées bouffonnes de ce merveilleux texte. Le Parisien
Le Roi Lear
de William Shakespeare
mise en scène Laurent Fréchuret
La quête de soi, voilà Lear, la chute horizontale. La pièce raconte l’histoire hors norme d’un souverain, d’un père et d’un homme en rupture. Décidé à se décharger de sa couronne, il met son royaume aux enchères de la tendresse de ses trois filles, Goneril, Régane et Cordélia. La meilleure part doit revenir à la plus aimante. Alors que les deux aînées jouent la carte de la flatterie hypocrite, Cordélia, la cadette, refuse. Lear, furieux et blessé, la déshérite et la chasse. Il forge ainsi le malheur qui l’accable et s’adonne à un paroxysme de rage qui le conduit jusqu’au dénuement au milieu de la lande. L’orage qui s’y déchaîne est à la mesure de la tempête intérieure qui le soulève. Mais le prix de ce voyage initiatique, bien que tardif, est exorbitant. Rien ne lui est épargné de l’abandon, de l’humiliation, de la folie. Lear ou l’expérience du vertige.
Inépuisable et protéiforme matériau théâtral décuplant les possibilités du jeu d’acteur, Le Roi Lear est tout à la fois le sommet et le condensé des grands thèmes de l’œuvre de Shakespeare. Hors du temps, concrète et irrationnelle, la pièce de Shakespeare ravit par son charivari d’espaces, d’abîmes et de cimes, de souffle poétique traversé d’humour et de trivialité. C’est un précipité d’intrigues, de métamorphoses, de trahisons, de naïveté et de perfidie, de tragique et de bouffonneries, qui interpelle sans cesse l’humain.
Cet immense poème dramatique appelait une nouvelle traduction mettant au centre de ses préoccupations l’incarnation, le jeu d’acteurs, un verbe dynamique, violent et moderne. Le rythme donne sens, la phrase convoque les voix humaines, les corps, toute une troupe engagée, treize comédiens tourmentés par le dire, ce dire indispensable pour ne pas être broyé.


