Chants d’adieu est une comédie qui réunit des acteurs français et japonais autour des funérailles d'une Française expatriée au Japon, l'occasion d'une tragi-comique confrontation des cultures, où la sincérité de la douleur n’empêche pas que surgisse une certaine cocasserie.
Marie, jeune enseignante installée au Japon et mariée à un Japonais, est morte brutalement. Sa famille débarque de France pour organiser les funérailles avec la belle-famille. Tous les protagonistes sont unis dans leur souffrance mais ils peinent pourtant à s’entendre. Pour le metteur en scène Laurent Gutmann, « la conversation creuse bien des malentendus. A la confrontation à la mort s’ajoute celle à la culture de l’autre. Le dépaysement est grand, pour les Français comme pour les Japonais. La souffrance face à la mort d’un proche est sans doute le plus petit dénominateur commun de l’humanité, mais nous l’exprimons tous de façons si variées, semble nous dire Oriza Hirata, que, loin de nous unir, cette souffrance nous divise. Nulle noirceur pourtant dans ce constat, tant ces incompréhensions débouchent souvent dans Chants d’adieu sur le rire. Et si c’était par lui, finalement, qu’un dialogue s’amorçait.»
Dans un langage ordinaire, avec une grande économie de moyens, des situations du quotidien, des répliques brèves, sans effet ni volonté d'expliquer ou d'épuiser le réel, Oriza Hirata parvient à faire entendre les questions les plus vastes, révélant les abîmes cachés derrière les silences ou l'apparente banalité de la conversation. La pièce correspond chez cet auteur japonais singulier à un désir profond de confronter avec les moyens du théâtre deux émotions, deux approches de la vie et de la mort, deux humours, deux langues, afin de mieux mettre en jeu ce qui nous lie et ce qui nous sépare.


| La Terrasse | « La représentation repose sur une immédiateté évidente qui plaît tant aux spectateurs familiers du théâtre qu'à ceux qui n'y vont jamais. Une prouesse. » |