Amoureux fou des délires musicaux, des improvisations jazz-funk-free, d’un tempérament de feu, d’une inventivité constante et d’une enthousiasmante jeunesse, Médéric Collignon s’impose aujourd’hui comme l’un des virtuoses iconoclastes qui affole et dont raffole le jazz français. Il s'est attaqué au monument de George Gershwin sans irrévérence, à partir de la version de Miles Davis, mais non sans insolence. L'idée de départ est simple : reprendre la dernière version de l'oeuvre, la repiquer, puis la compresser pour un quartet d'aujourd'hui relativement classique : contrebasse, batterie, rhodes et cornet de poche/bugle. <:p> Cet opéra classique, si superbement interprété par le passé, devient ici une œuvre contemporaine, nouvelle, surprenante, inédite. Porgy and Bess réunit en fait le classique et le jazz, deux univers que Médéric Collignon a beaucoup pratiqués : le premier pendant quinze ans de formation académique ; le second par la suite, en variant les plaisirs au gré des rencontres avec, entre autres, Louis Sclavis, Michel Portal et Andy Emler… Son Porgy and Bess est donc en quelque sorte une synthèse. Les thèmes que nous connaissons si bien se réinventent sous l’impulsion de ces quatre jeunes musiciens qui n’hésitent pas à intégrer enregistrements et effets comme tout musicien de leur génération. Preuve s’il en est que le jazz est une musique du présent, musique d’aujourd’hui en perpétuelle réinvention.


| Jazz magazine | Pour Collignon, en amont de tout est la musique, mère de toutes les aventures, entre humour et poésie. |