du 17 au 18 janvier
2008
Théâtre, place J.-Brel, durée prévue 1h15
Sizwe Banzi est mort
de Athol Fugard, John Kani et Winston Ntshona
mise en scène Peter Brook
Théâtre
jeudi 17 janvier à 21h00
vendredi 18 janvier à 21h00
Un homme noir pourrait ne pas avoir de problème? (…) Impossible! Le problème c’est notre peau!
© P.Gely-Ag.Bernand
Devenir un autre pour continuer à vivre, tel est le sujet de cette pièce engagée, pleine d’humour et de légèreté. Un homme est mort. Il a dans sa poche les papiers qui permettraient à un « autre », Sizwe Banzi, de franchir la zone, lui offrant enfin la possibilité de trouver du travail et de gagner sa vie. Pour cela, Sizwe Banzi devra abandonner sa femme, ses enfants et surtout son identité. A travers la recherche que mène Sizwe Banzi pour trouver des « papiers en règle », c’est à la description de la violence du système inhumain de l’apartheid que se livrent les auteurs, en le rendant dérisoire et vain, annonçant dès les années soixante-dix son effondrement. « Qu’est-ce qui se passe dans ce foutu monde ? Qui veut de moi ? Qu’est-ce qui ne va pas avec moi ?… » Combien de Sizwe Banzi se posent aujourd’hui ces questions ?
Si cette comédie adopte un ton très gai pour nous raconter une histoire sombre, c’est qu’elle est issue des « townships plays », pièces de la résistance sud-africaine nées en plein apartheid dans le quotidien des villes-ghettos, et dont le principe consistait à rire de toutes les discriminations alors imposées à la population noire.
Poignante, naïve et fraternelle, cette fable est orchestrée de façon simple et cocasse par un Peter Brook qui n’a de cesse de nous questionner : « Le théâtre des townships d’Afrique du Sud est un exemple précieux de ce que l’immédiat peut apporter au théâtre. Il est né de la vie dans la rue, dans des villes pas comme les autres, les town-ships, ces ghettos de l’apartheid. Ce théâtre a une nature bien spécifique, ce qui en a émané dans le passé nous touche tout autant aujourd’hui par l’exactitude de sa magnifique dérision, hélas prémonitoire. »
avec Pitcho Womba Konga, Habib Dembelé
adaptation française Marie-Hélène Estienne
texte édité chez L’Harmattan
production Centre International de Créations Théâtrales et le Théâtre des Bouffes du Nord | remerciements à Peter Sacks