Un jour, je reviendrai

texte Jean-Luc Lagarce
mise en scène Sylvain Maurice

Vincent Dissez incarne le grand dramaturge Jean-Luc Lagarce dans un monologue à la langue urgente et vitale.

Un homme renaît à la vie après un coma. Tout en réapprenant les gestes les plus simples à la manière d’un petit enfant, il observe cette situation avec toute sa causticité d’adulte. L’hôpital devient alors la toile de fond dont il se nourrit pour écrire une comédie grinçante. On le retrouve quelque temps plus tard : c’est un auteur et metteur en scène trentenaire, en rémission, parti aux Pays-Bas pour la tournée d’une pièce. Ce voyage, dont il pressent qu’il sera le dernier, est l’occasion de porter un regard sur ses amours passées, mais surtout sur le théâtre qui a structuré sa vie.

Un jour, je reviendrai est composé de L’Apprentissage et du Voyage à La Haye, deux récits autobiographiques de Jean-Luc Lagarce. Entre émotion et ironie, l’artiste y fait son ultime « tour de scène », comme un chanteur ou un comédien ferait sa tournée d’adieux avant de s’éclipser. Sylvain Maurice retrouve ici Vincent Dissez à la suite de Réparer les vivants (d’après le roman de Maylis de Kerangal). Ensemble, ils célèbrent la créativité d’un des dramaturges les plus importants du xxe siècle dans un autoportrait sans complaisance qui regorge de vie.

Espace Pro
Disponible en tournée
Création | Production
Théâtre
1h25
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Distribution

 

avec Vincent Dissez

assistanat à la mise en scène Béatrice Vincent
scénographie Sylvain Maurice en collaboration avec André Neri 
costumes Marie La Rocca
lumière Rodolphe Martin
son et régie son Cyrille Lebourgeois
régie générale André Neri
régie lumière Sylvain Brunat
régie plateau Laurent Miché

production Théâtre de Sartrouville et des Yvelines–CDN
L’Apprentissage et Le Voyage à La Haye sont publiés aux Solitaires Intempestifs
photos de répétition © Christophe Raynaud de Lage / visuel Atelier Poste 4

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3 questions à Sylain Maurice

 

On se souvient de la performance vibrante et lumineuse de Vincent Dissez dans Réparer les vivants. Comment abordez-vous ensemble cette nouvelle partition scénique ?
Sylvain Maurice : Ensemble ! Vincent est comme moi un familier de Lagarce – au sens où il l’a joué et transmis. Nous partageons tous les deux la même passion pour son œuvre. C’est vraiment un travail élaboré en commun. Je suis heureux de retrouver Vincent autour d’un monologue. C’est une forme qui me passionne. Outre la diversité des écritures, elle est une occasion unique pour l’interprète d’explorer son art. L’acteur, en cette occasion, est comme un funambule, au plus près du danger…

Jean-Luc Lagarce, né en 1957 et disparu en 1995, est l’un des grands auteurs et metteurs en scène du théâtre contemporain. Qu’est-ce qui transparaît de son « génie » dans ces deux récits autobiographiques ?
S. M. : Son humour. Face à la maladie, il est d’une ironie féroce, pour les autres mais aussi pour lui-même, et cette ironie le fait tenir. Mais ce qui transparaît le plus peut-être, c’est son style – sa « langue », comme on dit – fait de répétitions, d’allers-retours, de reformulations : la pensée s’élabore au présent et c’est jubilatoire. C’est un style à la fois très concret, qui touche à l’intime, et aussi virtuose et ludique.

Lagarce écrit la phrase « Un jour, je reviendrai » dans L’Apprentissage (1993). Vincent Dissez, en l’incarnant, honore cette promesse. Ce spectacle est-il aussi une manière de célébrer le pouvoir du théâtre ?
S. M. : Oui. Grâce au théâtre, Lagarce revit. Nous réalisons le rêve qu’il formule clairement dans L’Apprentissage et qui est une sorte de pied de nez à la mort : « Admettre l’idée toute simple, et très apaisante, très joyeuse, c’est ça que je veux dire, très joyeuse, oui, l’idée que je reviendrai, que j’aurai une autre vie après celle-là où je serai le même, où j’aurai plus de charme, où je marcherai dans les rues la nuit avec plus d’assurance encore que par le passé, où je serai un homme très libre et très heureux. » C’est un spectacle qui est du côté de l’espoir.

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