• La vie devant soi

    d’après le roman de Romain Gary (Émile Ajar)
    adaptation Yann Richard
    mise en scène Simon Delattre

    Entre théâtre, marionnettes et musique, Simon Delattre adapte le roman majeur de Romain Gary, prix Goncourt en 1975.

    Pour ne pas vivre sans amour, il faut choisir soi-même sa famille de cœur. Le lien qui unit Momo, le petit Arabe débrouillard, à Madame Rosa, une vieille femme juive autrefois prostituée, est de ceux qui sont indéfectibles. Du roman de Romain Gary – signé sous le nom d’emprunt d’Émile Ajar –, Simon Delattre a tiré une adaptation théâtrale et musicale qui fait souffler un vent d’espoir.

    L’altruisme, la solidarité et la générosité sont en effet au centre de cette représentation émouvante, drôle et ludique. La foule pittoresque des personnages qui peuplent le récit est incarnée en scène par une série de marionnettes. Façon de rappeler à chacun qu’il n’est pas vain de prêter l’oreille à l’enfant tendre qui sommeille en nous.

    Création / Coproduction
    Marionnettes Théâtre
    Petite salle numérotée | 1h30
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    Distribution

    avec Maïa Le Fourn, Tigran Mekhitarian, Nicolas Gousseff

    musique live Nabila Mekkid (Nina Blue)
    scénographie et lumière Tiphaine Monroty
    construction et accessoirisation du décor Morgane Bullet, Clément Delattre
    son Tal Agam
    construction des marionnettes Marion Belot, Anaïs Chapuis
    production Bérengère Chargé
    diffusion Claire Girod

    production Rodéo Théâtre / coproduction Théâtre de Sartrouville et des Yvelines – CDN, Théâtre Jean Arp – Scène Conventionnée de Clamart, TJP de Strasbourg – CDN d’Alsace, Le Théâtre – scène conventionnée de Laval, Théâtre Massalia – Marseille, Pôle arts de la scène Friche de la Belle de Mai / avec la participation artistique du Studio d’Asnières-ESCA / avec le soutien financier de la DRAC Île-de-France, l'Adami (en cours), Arcadi (en cours)
    La vie devant soi d'Émile Ajar © Mercure de France, droits théâtre gérés par les Éditions Gallimard
    image © D.R.

     

    Trois questions à SIMON DELATTRE

    Que représente pour vous le roman de Romain Gary ?
    Je l’ai lu d’une traite à l’âge 15 ans, et ce fut pour moi un choc. La poésie du personnage de Momo m’a imprégné de manière très forte : cette manière avec laquelle il construit sa relation au monde par le biais du langage, ces mots qu’il ne comprend pas toujours, mais qu’il déforme en les chargeant d’un sens nouveau. Même s’il est amené très jeune à prendre une place d’adulte, cette capacité d’ouverture et d’étonnement lui permet de rester connecté à sa part d’enfance. C’est un élément qui, pour moi, caractérise aussi la démarche artistique. Je trouve que dans ce livre, la figure de l’artiste est ainsi abordée en creux, avec cette idée qu’un regard de poète peut sauver une vie !

    Comment l’histoire est-elle racontée sur le plateau ?
    Le fait que le roman soit écrit à l’imparfait me laissait la possibilité d’ancrer le récit dans différentes temporalités. Ce qui m’a donné une entrée dramaturgique assez forte : lorsque Momo adulte s’exprime, il s’adresse directement au public qui devient en quelque sorte son confident intime. Tandis que lorsqu’il se souvient, en incarnant les scènes de son enfance, on bascule dans le théâtre pur. Je joue avec cette notion de « quatrième mur », qui s’ouvre au moment où Momo parle aux spectateurs et qui se referme dans la seconde suivante, lorsqu’on est dans une reconstitution du passé.

    Quelle a été votre approche pour le traitement des marionnettes ?
    Nous avons travaillé, avec Anaïs Chapuis et Marion Belot, sur la représentation du souvenir. Par exemple, certains personnages sont figurés par des marionnettes de très grande taille, révélant la façon dont Momo les voyait à hauteur d’enfant. Nous avons aussi cherché à développer les notions de flou et de net. On peut se souvenir des mains ou du regard de quelqu’un de manière extrêmement précise, et beaucoup moins de son nez ou de sa bouche… Dans le traitement de leurs formes et des différentes parties plus ou moins détaillées de leurs corps, l’esthétique de nos marionnettes renvoie ainsi à la manière que l’on a de percevoir les autres et de forger nos souvenirs.