Au début, il y a la mer, la vague, la houle que les surfeurs rejoignent au petit matin. Le jour se lève, on croit sortir de la nuit quand on s’y enfonce profondément. Cette vague, elle ne nous lâchera plus, comme la longue et ample écriture de Maylis de Kerangal. Ce roman a fait des vagues depuis sa sortie en 2014 avec 140 000 exemplaires vendus et une dizaine de prix littéraires.
Pourtant, a priori un sujet grave : la mort d’un jeune homme et les vingt-quatre heures de la transplantation de son cœur dans un autre corps. Un compte à rebours traversé par l’espoir et la vie, traversé d’histoires intimes, celles de personnages hauts en couleur, les parents, les figures du monde médical, passionnées et humaines. Emportés par ce récit grave, vital, magnifique, Vincent Dissez et Joachim Latarjet sont les maillons d’une chaîne, dont Sylvain Maurice nous fait mesurer la fragilité et la force.
Départ 15 minutes après la représentation
Ce service de bus gratuit est proposé pour les spectacles
Kaldûn et Aligator
En 1987, l’entrepreneur de travaux publics Francis Bouygues rachète la première chaîne de télévision française. Véritable raz de marée, cette privatisation va imposer la course à l’audience, transformer le journalisme et participer au dessin d’une nouvelle France, celle dans laquelle nous vivons actuellement.
Thomas Quillardet retrace les dix premières années de cette révolution audiovisuelle, de l’audition de Bouygues devant la CNCL à la guerre du Golfe, en passant par les élections présidentielles de 1988 et la chute du Mur de Berlin. Sur un plateau de journal télévisé, dix comédiens incarnent les figures emblématiques de la chaîne privée et les personnalités de l’époque. Mixant reconstitutions et souvenirs personnels, réel et invention, le metteur en scène tente de comprendre ce qui s’est joué à TF1, débusque l’influence des jeux de pouvoir sur le traitement de l’information, met en lumière la porosité entre médias et politique. Prenant un malin plaisir à déformer et exagérer pour mieux faire éclater le sensible, il compose une pièce épique, passionnante et souvent pleine d’humour.
Ils n’ont pourtant partagé la scène qu’en de rares occasions. Pour la première fois, ces trois musiciens aux parcours singuliers se réunissent pour mêler leurs répertoires.
Teinté de différentes influences, ce concert est pensé comme un espace de création et de rencontre unique dans les carrières de ces artistes. Musique classique, chanson française, compositions originales et nouvelles chansons : ces amis jouent les uns avec les autres.
Le roi de Naples Alonso, son fils Ferdinand et Antonio font naufrage sur une île mystérieuse… Le mage Prospero peut désormais exercer sa vengeance sur les infortunés qui l’exilèrent autrefois de son duché de Milan. Aidé d’Ariel, un esprit de l’air, et de Caliban, le fils monstrueux de la sorcière Sycorax, Prospero, compte bien punir la trahison de son frère et du roi. L’amour naissant de sa fille Miranda et du jeune Antonio sur fond de duperie et de magie, saura-t-il calmer son courroux ?
Tom est effrayé par son ombre qui le suit à chaque pas. Alors, un soir, il s’enfuit à toutes jambes et la laisse derrière lui. Désemparée, l’ombre part à sa recherche à travers rues, forêts, montagnes, océan… Parviendront-ils à se réunir et à grandir ensemble ?
Pour porter à la scène l’album délicat de Zoé Galeron, Bénédicte Guichardon s’est entourée de huit artistes qui ont réalisé un travail minutieux autour du corps, de l’espace, des images, des sons et des lumières. Des paysages animés créés à partir de papiers découpés et des ambiances musicales servent d’écrin aux déplacements du comédien, qui incarne et raconte cette histoire sans paroles. Un manipulateur déplace à vue des petits accessoires, dont les ombres sont projetées en grand. Les jeunes spectateurs sont ainsi libres de regarder l’un ou l’autre des artistes et de jouer avec leur perception, pour mieux plonger dans ce voyage onirique.
Jeanne a 16 ans, un quotidien difficile au lycée, des parents trop stricts, une religion qui la bride et des désirs qui débordent. Un soir, seule dans sa chambre, elle se connecte en direct sur Instagram et se livre face à ses abonnés, sans retenue ni tabous.
L’autrice et metteure en scène Marion Siéfert s’inspire de sa jeunesse à Orléans pour nous (re)plonger dans les tourments adolescents. Elle a confié l’interprétation de ce solo à Helena de Laurens, qui se métamorphose sous les yeux des spectateurs, qu’ils soient dans la salle ou derrière leurs écrans. La comédienne se livre à une véritable performance à la fois théâtrale, chorégraphique et cinématographique, grâce à un dispositif scénique inédit : deux écrans entourant la scène, sur lesquels sont projetés en direct l’image de Jeanne qui se filme mais aussi les commentaires des followers qui défilent. Une proposition « coup de cœur » à ne pas rater !
Durant les premières années de sa vie, ses parents n’auront de cesse de le voir enfin prendre du poids. Mais il restera « la petite crevette » jusqu’à ses 10 ans. Cet été-là, il va se découvrir un appétit pantagruélique et devenir le « petit gros » qui fera désormais l’objet des moqueries au collège.
Auteur prolifique d’une trentaine de textes de théâtre, Sylvain Levey signe ici un récit en partie autobiographique profond et délicat, qu’il interprète seul en scène dans le décor intime d’un appartement. Entre la salle à manger et la cuisine où il confectionne en direct un gâteau au chocolat, il se livre aux confidences et passe, avec lucidité et malice, de l’humour à la gravité. Sur une bande-son truffée de bruitages, d’archives et de chansons pop-rock, il nous conte pêle-mêle la difficulté d’accepter son corps d’adolescent, sa passion pour le beurre, la crainte de ne jamais être aimé et sa rencontre déterminante avec le théâtre et l’écriture. Il déroule le fil d’une histoire dans laquelle chacun·e pourra se reconnaître, explorant avec finesse les émotions de l’enfance et l’audace de se construire avec sa singularité.
Seul rescapé d’un naufrage, Gulliver s’éveille sur le rivage, assailli par des êtres minuscules, qui le font prisonnier et le présentent à l’empereur et à sa femme l’impératrice Cachaça. Géant pacifique, Gulliver observe l’agitation des hommes et la versatilité des puissants, leur goût du pouvoir et de la guerre.
Écrit deux ans après les Aventures de Robinson Crusoé, de Daniel Defoe, le roman de Jonathan Swift est une satire sociale et politique de la société anglaise du xviiie siècle. Christian Hecq et Valérie Lesort transposent ces aventures pour en faire un hymne à la différence. Après les succès de 20 000 Lieues sous les mers et de La Mouche, le duo d’artistes déploie dans cette nouvelle création son univers merveilleux mêlant théâtre, marionnettes hybrides, manipulation d’objets et trouvailles visuelles, le tout rythmé par des chansons et de la musique originale. Il exalte, avec une ironie piquante et jubilatoire, ce classique foisonnant à (re)découvrir en famille.
Trois fées nulles en magie, une princesse têtue, un prince maladivement timide… Si, il s’agit bien de La Belle au bois dormant ! Mais dans une version réactualisée et pleine de surprises, alliant théâtre et musique.
Étonner les jeunes spectateurs en renouvelant des histoires qu’ils connaissent par cœur : telle est la démarche du Collectif Ubique, compagnie formée de trois artistes jonglant à leur guise entre la comédie, le chant et les instruments. Le trio a ici réécrit le texte original de Charles Perrault pour en briser les conventions et clichés avec humour et dérision.
Les dialogues y côtoient les vers rimés de chansons, et les interprètes chamboulent joyeusement la galerie des personnages – ainsi, les hommes jouent les fées ! La musique est omniprésente, et les instruments, manipulés en direct, sont aussi merveilleux que le récit : guitare baroque, cornemuse, violon, théorbe, Bodhrán, appeaux… Ils sont les héros de ce conte habilement « secoué » !