• Ma cuisine

    conception et mise en scène Sylvain Maurice

     

    Ma cuisine s’adresse, grâce à la cuisine, à notre mémoire commune. C’est un spectacle où chacun est invité à laisser résonner ses propres souvenirs, ses sensations, ses émotions...

    Construit comme le jeu du marabout de ficelle, Ma cuisine se compose d’une série de formes courtes, tantôt des préparations culinaires, tantôt des compositions plastiques créées et filmées en direct, tantôt des assemblages musicaux… C’est un spectacle qui convoque tous les sens et fait dialoguer plusieurs esthétiques : théâtre d’objets, vidéo, textes, musique… et cuisine. Il se conclut d’ailleurs par une dégustation partagée avec les spectateurs d’un plat réalisé pendant la représentation.

    Sylvain Maurice s’est inspiré du parcours de Philippe Rodriguez-Jorda, qui est marionnettiste et cuisinier : ainsi a-t-il inventé le personnage de Victor qui, affublé de deux comparses, nous reçoit dans sa cuisine pour composer un spectacle. Tandis que Victor coupe, saupoudre et malaxe, Laurent laisse aller son inspiration musicale et s’empare de la batterie… de cuisine. Nadine, elle, papillonne entre les étagères en quête d’histoires : celles égrenées au fil des cartes postales d’une mamie adorée, celles que racontent des objets rapportés du bout du monde, celles qui s’improvisent au bord d’une assiette avec des pâtes alphabet… Au gré des mots, des sons et des gestes, les saveurs de l’enfance, les souvenirs et les rêves s’invitent entre les trois amis pendant que les recettes mitonnent…

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    Distribution

    contribution à l’écriture Thomas Quillardet
    et Nadine Berland, Aurélie Hubeau, Philippe Rodriguez-Jorda

    avec Nadine Berland, Laurent Grais, Philippe Rodriguez-Jorda

    assistanat à la mise en scène Aurélie Hubeau
    scénographie Antonin Bouvret
    costumes Marie La Rocca
    vidéo Loïs Drouglazet en collaboration avec Rémi Rose
    lumière Gwendal Malard en collaboration avec Robin Camus
    musique Laurent Grais
    son Clément Decoster

    régie générale Rémi Rose
    régie son Clément Decoster
    régie lumière et vidéo Rémi Rose et Loïs Drouglazet (en alternance)

    production Théâtre de Sartrouville et des Yvelines – CDN
    coproduction TJP Centre dramatique national Strasbourg Grand Est

    le texte Petit déjeuner aux Halles est librement inspiré de Street Life, de Joseph Mitchell (trad. François Tizon, Éd. Trente-trois morceaux)
    extraits : La cuisine de Marguerite, de Marguerite Duras (Éd. Benoît Jacob) et Où faire pipi à Paris, de Cécile Briand (Éd. Le tripode)

    © É. Carecchio

    EN TOURNÉE

    16 marsLa Nuit de la marionnette dans le cadre du Festival MAR.T.O / Théâtre Jean-Arp / Clamart
    20 mars / Théâtre Jean-Arp / Clamart
    du 22 au 23 mars / TJP Centre dramatique national Strasbourg Grand Est
    du 26 au 30 mars / Le Monfort Théâtre / Paris
    du 23 au 25 mai / Théâtre Nouvelle Génération / CDN / Lyon

     

    Trois questions à SYLVAIN MAURICE

    Comment est né ce projet ?
    Je suis toujours intrigué quand on dit « c’est ma cuisine ». Car ai-je le droit d’y entrer ? Ce qui mijote excite ma curiosité ! Cette expression a pris un tour nouveau quand le marionnettiste Philippe Rodriguez-Jorda m’a indiqué être... cuisinier ! Un interprète qui fait vraiment la cuisine – et divinement bien – c’est intéressant… Sa cuisine est donc devenue un peu la mienne et j’y ai apporté mes propres ingrédients : l’envie de faire un spectacle très concret, situé en temps réel puisqu’on prépare réellement à manger, et un spectacle sur la mémoire : la cuisine de l’enfance, les « madeleines proustiennes » et l’âge adulte enfin, où c’est à notre tour d’offrir à manger aux personnes que nous aimons.

    Pourquoi avoir réuni trois interprètes au plateau ?
    La cuisine est souvent un lieu collectif : on vient aider, on discute, parfois c’est même un lieu de crises et de dénouements, notamment familiaux. J’ai donc invité deux autres interprètes pour immerger le « je » de ma cuisine dans le vaste et grand monde, tout en amenant une dimension narrative. La comédienne, Nadine Berland, trie ses cartes postales et raconte ses histoires, faisant peu à peu apparaître le portrait d’un homme par le biais de la correspondance qu’il a entretenue avec ses proches durant sa vie. Et le musicien, Laurent Grais, joue en direct pour créer un continuum narratif et sonore qui vient donner de la profondeur à ce qui est raconté.

    Quel est le rôle de la vidéo dans ce spectacle ?
    Fondamental, car elle offre un double regard : notre attention se porte tantôt sur la préparation en gros plan d’une recette, tantôt sur le ou les préparateurs. Il y a un point de vue inédit, puisque nous voyons les aliments travaillés à grande échelle, un peu comme à travers un microscope, et en « rétro-projection ». Cette préparation culinaire devient un outil d’exploration : écrire dans la matière, appréhender
    avec sensibilité les textures, les liquides, les odeurs. On est immergé dans les sensations qui se révèlent ou s’exacerbent sur l’écran. Au cours du spectacle, l’écriture de la vidéo s’élabore aussi avec d’autres traitements de l’image, notamment en injectant peu à peu des images plus figuratives.