• La 7e Fonction du langage

    d’après le roman de Laurent Binet
    adaptation et mise en scène Sylvain Maurice

    On a assassiné Roland Barthes ?! Bayard, inspecteur des Renseignements généraux, débauche Simon, jeune prof de lettres, pour élucider le crime…

    Qui se cache derrière le masque du Grand Protagoras, Maître du mystérieux Logos-Club ? Le mobile du meurtre est-il la septième fonction du langage – conceptualisée par l’éminent linguiste Roman Jakobson – qui donne un pouvoir de conviction démesuré à celui qui la connaît ?

    Pour ce polar au cœur du pouvoir intellectuel et politique dans les années 80, Sylvain Maurice a réuni un trio d’orateurs qui rivalisent d’ingéniosité et d’éloquence : Constance Larrieu, Pascal Martin-Granel et Manuel Vallade. Leurs joutes verbales – rythmées par la musique de Manuel Peskine – sont aussi profondes que ludiques. Elles racontent, grâce aux dialogues affûtés de Laurent Binet, la grandeur du verbe et ses limites, et peut-être la fin des utopies.

    Production
    Théâtre
    Petite salle numérotée | durée 1H30
    • lun. 8 oct. 18 : 20h30
    • mar. 9 oct. 18 : 20h30
    • mer. 10 oct. 18 : 20h30
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    Distribution

    avec Constance Larrieu, Sébastien Lété, Pascal Martin-Granel, Manuel Peskine, Manuel Vallade

    musique Manuel Peskine
    scénographie et lumière Éric Soyer
    vidéo Renaud Rubiano et Loïs Drouglazet
    costumes Marie la Rocca
    assistanat mise en scène Nicolas Laurent
    régie générale Rémi Rose
    régie vidéo Loïs Drouglazet
    régie son Jean de Almeida
    régie lumière Théo Tisseuil

    La Septième Fonction du langage a reçu le Prix Interallié © éditions Grasset et le Prix du roman Fnac
    production Théâtre de Sartrouville et des Yvelines – CDN
    coproduction Comédie de Béthune – CDN Hauts-de-France
    Espace des Arts – Scène nationale, Chalon-sur-Saône
    MA – Scène nationale, Pays de Montbéliard
    © Élisabeth Carecchio

     

    ENTRETIEN avec SYLVAIN MAURICE

    Encore un roman, serait-on tenté de dire, à ce projet d’adapter La Septième Fonction du langage de Laurent Binet ! Pourquoi en effet poursuivre l’adaptation d’œuvres romanesques après Réparer les vivants de Maylis de Kerangal ?
    Ce sont deux projets qui n’ont vraiment rien à voir, deux manières d’envisager le roman qui sont à l’opposé l’une de l’autre. Donc, après Réparer les vivants, ce nouveau projet est plutôt en rupture. J’avais envie, après la puissance tragique de Maylis De Kerangal, d’un projet plus léger ou ludique, qualités du roman de Laurent Binet. Ceci étant, c’est vrai que cela fait des années que j’adapte des romans. C’est même une constante de mon travail : j’ai notamment porté à la scène Un fils de notre temps de Horvath, L’Adversaire d’Emmanuel Carrère, Le Marchand de sable d’Hoffmann, La Métamorphose de Kafka… Je trouve, en adaptant, un espace de travail qui me permet de jouer des conventions théâtrales, du narrateur au personnage, du récit à l’incarnation.

    Qu’est-ce que raconte La Septième Fonction du langage ?
    Il y a plusieurs façons de résumer le roman de Laurent Binet. D’abord, c’est un « polar » : on a assassiné Roland Barthes et on diligente un flic, Bayard, qui pour se faire aider est assisté par un jeune prof, Simon Herzog. Ensuite, c’est un voyage dans le milieu intellectuel des années 70/80, sous un angle aussi ludique que méchant. C’est aussi un roman d’apprentissage pour Simon : comment un jeune homme se métamorphose, gagne en puissance mais aussi perd ses illusions. En cela, et c’est le dernier point, La septième fonction du langage est aussi une œuvre sur la fin des utopies : Binet indique qu’avec l’arrivée de Mitterrand au pouvoir se clôt un cycle et que depuis, c’est la communication qui a pris le pouvoir sur la puissance du verbe, et par là de la politique.

    Quelle place donnes-tu à Roland Barthes dans ton adaptation ?
    C’est une figure tragi-comique : il est dépositaire de cette fameuse Septième fonction du langage, qui est – sans dévoiler l’intrigue – l’objet d’une lutte féroce.

    Mais cette fonction quelle est-elle ?
    Je ne peux pas en parler, sinon je « spoile » l’histoire. Disons qu’elle donne des super-pouvoirs à celui qui la possède ! En fait c’est très drôle. Binet opère une sorte de synthèse entre La Sémiologie pour les nuls et San Antonio…

    En effet !
    J’aime sa joie et sa férocité à mettre à bas les fausses idoles.

    On se souvient de l’échange tendu entre Laurent Binet et Yann Moix chez Ruquier sur France 2. Ou de la critique très dure de François Bégaudeau dans Transfuge… A contrario, Tiphaine Samoyault, qui est la biographe de Roland Barthes, a beaucoup aimé le livre, et Fabienne Pascaud a été dithyrambique… Pourquoi l’accueil du livre (récompensé par le Prix Interallié) a-t-il été si contrasté ?
    Il a été reproché à Laurent Binet sa vision caustique de Philippe Sollers ou de Bernard-Henri Lévy. Mais est-ce qu’il n’a pas raison ? Binet défend de façon viscérale la pensée, mais il le fait sans se prendre ou sérieux. Beaucoup de gens à qui j’ai fait découvrir le livre me disent à quel point ils ont ri tout en apprenant beaucoup. En ce sens, c’est une réussite complète.

    Ce choix de mettre en scène le roman de Laurent Binet me surprend de toi…
    Pourquoi ? Parce que je monte rarement des comédies ? Je trouve que c’est un livre qui fait partager l’intelligence en étant très ludique.

    Tu dis souvent qu’adapter un roman pour la scène, c’est choisir. Que choisis-tu ?
    Oui, le temps théâtral n’est pas celui de la lecture, donc il faut couper et par conséquent simplifier… Je choisis de faire un focus sur Bayard et Herzog, en resserrant l’action sur ces deux personnages pour privilégier l’enquête, le polar. J’imagine un théâtre très forain, très libre, basé sur l’invention de l’acteur. J’imagine un spectacle très jubilatoire…

    Propos recueillis par Nicolas Laurent, 03/07/2016

     

    La presse

    « Brillante mise en scène de Sylvain Maurice. Une adaptation truculente de La Septième Fonction du langage de Laurent Binet. » Stéphane Capron, Scène Web - Palmarès 2017 - Adaptation de l'année

    « Mi-hommage à Roland Barthes, mi-satire du monde intellectuel, cette farce grinçante mêle avec drôlerie sémiologie et enquête policière. (…) À récit jouissif, spectacle emballant offrant une adaptation aérée par l’humour, une pulsion musicale aux refrains reggae, et des pantomimes subtils pour incarner Barthes, Foucault, Umberto Eco, Philippe Sollers et Julia Kristeva. Rendre le structuralisme amusant ? Pari réussi (...) » Emmanuelle Bouchez, Télérama

    « La mise en scène de Sylvain Maurice est haletante. La beauté et la richesse des images vidéo de Renaud Rubiano, ainsi que la très belle scénographie d'Éric Soyer contribuent à donner du rythme à cette farce politique. » Théâtre(s)

    « Comment réinventer le politique ? Quels sont en ce début de XXIe siècle nos grands hommes, ou nos grandes femmes ? Quelles sont les pensées qui nous enchantent, loin de l’hystérie désinhibée des réseaux sociaux et du buzz permanent ? Ce qui est sûr, c’est que Sylvain Maurice et son équipe prouvent ici la vitalité joyeuse de la fonction performative du théâtre. » Agnès Santi, La Terrasse

    « Du roman savoureusement sardonique de Laurent Binet, Sylvain Maurice a tiré des séquences qui constituent un récit scénique haletant. » Jean-Pierre Léonardini, L’Humanité

    « Le spectacle est jubilatoire, enlevé, malicieux. L’adaptation de Sylvain Maurice concentre ce qu’il y a de mieux dans le roman de Laurent Binet. » Marie-Laure Barbaud, blog M La scène

    « La 7e Fonction du langage contient des révélations aussi fondamentales que celles concernant les Illuminati dans le Da Vinci Code. » Philippe Person, Froggy’s Delight

    « Pertinent, très visuel, percutant. Les trois comédiens s’en donnent à cœur joie et passent d’un personnage à l’autre avec une énergie sans pareille. Une épopée sacrément rythmée qui embarque le spectateur dans une enquête très, très rock’n roll où les mots sont rois. » Véro Beno, blog Théâtr’elle