Portrait de Rita s’inspire d’une histoire vraie. Par amour, Rita, femme d’affaires camerounaise, quitte son pays pour s’installer chez Christian et sa fille, dans un petit bourg de la campagne belge. Mais très vite, le racisme ordinaire et une violence décomplexée s’immiscent dans le foyer comme à l’école. Après avoir réagi aux insultes xénophobes de ses camarades, Mathis est violemment immobilisé au sol par des policiers, sous les yeux de sa mère. À partir de cet événement, la vie de Rita, contrainte de devenir aide-ménagère, bascule.
Avec Portrait de Rita, le récit prend la forme d’un stand-up littéraire aussi incisif que bouleversant. Il remonte le fil de son existence et interroge le racisme systémique ainsi que la misogynie. Il met aussi en lumière les mécanismes de réduction et de fétichisation des femmes racisées. Loin de tout misérabilisme, seule au micro dans une robe colorée, Bwanga Pilipili capte l’attention. Elle incarne avec puissance toutes les voix de ce récit intime et profondément politique.
Portée par une énergie débordante, La Caravane passe fait vibrer les scènes d’Europe depuis plus de vingt ans. Entre musiques tziganes, rock festif et rythmes balkaniques, le groupe embarque le public dans un tourbillon incandescent, mêlant poésie nomade et engagements humanistes. Cuivres enflammés, violon virtuose et refrains fédérateurs composent une fête généreuse et chaleureuse. Sur scène, l’énergie est communicative, les rythmes irrésistibles et l’esprit résolument libre.
Ce concert est une invitation au voyage, un moment pour se rassembler, pour danser. Un instant suspendu où les frontières s’effacent pour laisser place à la joie d’être ensemble.
Il y a celui qui tousse au moment des silences, celui qui éternue, celui qui rit trop fort, celui qui arrive en retard ou oublie d’éteindre son portable. Avec Conseils aux spectateurs, le public se révèle dans toute sa diversité. Le public est multiple. Dans une analyse sociologique aussi intelligente que drôle, Jérôme Rouger décortique la place et le rôle du spectateur au théâtre. Maître de l’éloquence et de la loufoquerie, il endosse l’habit d’un chercheur en science de la représentation pour une conférence théâtrale réjouissante consacrée aux comportements du public en salle
Après l’hilarant Pourquoi les poules préfèrent être élevées en batterie, il revient au Théâtre de Sartrouville avec Conseils aux spectateurs. Une série de recommandations aussi jubilatoires que pertinentes pour exceller dans l’art d’être un bon spectateur.
Dans Le langage des oiseaux, deux exploratrices-chanteuses nous entraînent sur les traces d’un volatile qu’elles observaient… Mais qui a subitement disparu. À l’intérieur d’un nid douillet, qui fait office d’écrin à la représentation, elles tentent de décrypter les messages laissés par les empreintes. Le pistage les conduit jusqu’à la forêt, à la rencontre soudaine et mystérieuse d’une chouette, d’un loup et même … d’un poulpe !
Sur les parois du grand nid-cabane, des images animées entraînent les jeunes spectateurs dans une quête initiatique à la découverte du langage. Bercée par des chants polyphoniques et de délicates ambiances sonores, cette exploration ludique et poétique questionne, tout en douceur, notre lien à la nature et au monde sauvage.
Valentina a 9 ans lorsqu’elle quitte la Roumanie avec ses parents, afin que le cœur de sa mère puisse être soigné en France. À l’école, elle excelle dans l’apprentissage du français et gagne l’admiration de son institutrice et de ses camarades. Sa maman, de son côté, peine à communiquer avec le corps médical. La jeune fille doit alors naviguer dans un monde d’adultes et devient, malgré elle, l’interprète de sa mère pour traduire des termes médicaux complexes. D’un souffle, Valentina transforme les mots, adoucit les histoires, comme si ses mensonges pouvaient soigner.
Caroline Guiela Nguyen est l’autrice et metteuse en scène française la plus représentée dans le monde. Elle est directrice du Théâtre national de Strasbourg. Inspirée de témoignages de la communauté roumaine, elle compose un conte bouleversant, teinté de musique live, célébrant l’amour mère-fille.
Spectacle en français et en roumain surtitré
Ce Regards sur… Alif sera animée par Inès Picaud-Larrandart, doctorante en sciences sociales à l’université Paris 8 Vincennes–Saint-Denis. Ses recherches portent sur « les politiques de diversité » dans les institutions culturelles, les trajectoires artistiques et les choix de programmation : quels récits accèdent à la scène ? Et lesquels restent invisibles ?
Cette rencontre abordera différents points clés et constitutifs de la littérature d’
Abdelwaheb Sefsaf. Le spectacle
Alif pose la question des récits manquants. Pourquoi tant d’histoires manquent-elles encore à la scène théâtrale ? Qui a la légitimité de raconter ces histoires ? Inés Picaud-Larrandart explorera les différents enjeux liés aux spectacles programmés dans les institutions culturelles.
En s’appuyant sur ses recherches sur la représentation et la diversité, elle analysera la visibilité des récits et des artistes. Elle interrogera les mécanismes qui structurent la programmation dans les institutions culturelles. Cette rencontre permettra aussi de réfléchir à l’importance de programmer une œuvre comme Alif dans un Centre dramatique national. La conférence Regards sur… Alif se conclura par un temps d’échange avec le public.
Entrée libre sur réservation
À la mort d’un vieil homme, Benjamin, le fils cadet, hérite d’un chat pas comme les autres. Dans Un chat botté, ce compagnon rusé, qui n’a pas sa langue dans sa poche, entraîne son maître dans un véritable parcours initiatique. Habile menteur et fin stratège, le matou arrache le jeune homme aux griffes de la misère. Il lui donne le goût de l’aventure et l’éveille aux sentiments amoureux.
Dans cette adaptation décoiffante et joyeuse de Un chat botté, deux comédiens portent le récit avec humour et finesse. Ils incarnent à eux seuls tous les rôles. Les pétaradantes Anne Rotger et Marie Piemontese (en alternance), découvertes dans les pièces de Joël Pommerat, excellent en chat taquin et farceur. La musique tzigane entraînante du violoniste virtuose Eric Slabiak rythme cette version résolument moderne.
Depuis deux ans, l’auteur et metteur en scène yvelinois Ahmed Madani rencontre des jeunes en France, en Belgique et en Suisse pour questionner leurs engagements. À partir de récits intimes, le spectacle explore ce qui pousse certains à s’engager. Il interroge aussi la prise de parole face aux injustices héritées des générations précédentes. Sur la scène de Nous les minuscules, ces voix singulières prennent corps : des présences fragiles, vibrantes ou en colère. Théâtre, musique, danse et vidéo s’entrelacent pour faire émerger une parole brute et poétique. Une jeunesse déterminée la porte et affirme sa volonté d’agir.
Après Au non du père, et Entrée des artistes, accueillis au Théâtre de Sartrouville, Ahmed Madani confirme sa maîtrise. Il affirme un théâtre profondément humain, ancré dans le réel et attentif aux parcours de vie. Nous les minuscules est une œuvre chorale qui célèbre l’énergie, la lucidité et l’espoir d’une jeunesse qui refuse de renoncer et qui invente le monde de demain.
Les Petites Filles modernes raconte l’histoire de Marjorie, la rebelle, et de Jade, à la longue chevelure rousse, deux adolescentes liées par une amitié secrète, intense et vibrante. Privées de se voir par leurs parents, ces deux adolescentes tissent une relation intense faite de tensions, de complicité et de passions défendues. Traversées par la colère, la peur, l’amour, animées par un besoin irrésistible d’évasion, elles se jettent dans l’inconnu : un monde fantastique peuplé de fantômes et d’êtres étranges. Là, loin des règles imposées par les adultes, elles cherchent un sens à ce qu’elles vivent.
À travers ce conte moderne, Joël Pommerat explore avec justesse les rêves, les cauchemars et toutes les nuances de l’adolescence. Sublimé par l’hypersensibilité des interprètes et des effets vidéo vertigineux, Les Petites Filles modernes (Titre provisoire) nous entraîne dans une fable surréaliste, déroutante et profondément émouvante.
Après Si loin si proche et Ulysse de Taourirt, Abdelwaheb Sefsaf vous invite à découvrir en avant-première le troisième volet du triptyque « Hexagone, une petite histoire de France » : Alif. Un spectacle théâtral et musical qui témoigne de son apprentissage de la langue arabe comme vecteur d’émancipation et de valorisation de l’héritage culturel.
Avec Alif, Abdelwaheb Sefsaf pose la question : qui a le droit de parler, et dans quelle langue ? À travers la confrontation du français et de l’arabe, Alif révèle que la langue n’est jamais neutre. Elle est un lieu de pouvoir, de domination, de désir et de résistance. À partir d’un dispositif en bifrontal, le public devient acteur. Sur scène, la biographie intime se mêle à l’histoire coloniale, à la politique culturelle française et à la poésie arabe. La salle se transforme en classe expérimentale, en amphithéâtre civique, en lieu de transmission et de fracture. L’école apparaît comme un théâtre invisible où se fabriquent les hiérarchies sociales et culturelles.