Le projet

Pour faire du Théâtre de Sartrouville et des Yvelines, Centre dramatique national, une maison de tous les possibles.

Photo du Théâtre de Sartrouville et des Yvelines

Parce que le Théâtre de Sartrouville et des Yvelines – Centre Dramatique national est d’abord un lieu de création, je tiens avant tout à remercier les artistes associé·es qui ont accompagné mon premier mandat à la direction du Théâtre de Sartrouville. Odile Grosset Grange, Margaux Eskenazi, Maurin Ollès et Mathurin Bolze.

Puis, dans un contexte de baisse des budgets alloués à la culture, je veux saluer l’engagement constant des nos partenaires publics dont la ville de Sartrouville qui, non seulement a maintenu son soutien, mais l’a renforcé. C’est un choix politique fort, précieux, que je tiens à souligner. Enfin, je veux vous remercier vous, public, venu si nombreux, pour votre curiosité, votre fidélité, votre enthousiasme et vous propose de découvrir les axes de notre prochaine saison. Un théâtre qui nous ressemble, qui nous rassemble.

Un théâtre n’est jamais achevé. Il est toujours en chemin. Toujours en quête d’un reflet plus juste de la société qui l’habite, car le théâtre ne peut exclure personne sans se trahir. Il ne peut devenir le jouet d’une élite quand il doit rester le sport de toutes et tous. Chacun doit avoir droit à sa part de théâtre — dans sa singularité, dans la pluralité de ses appartenances, dans la complexité de ses récits. Il ne s’agit pas de transformer le monde de front, comme on déplace un mur. Il s’agit de nous transformer nous-mêmes, patiemment, intérieurement. Et peut-être qu’alors, en nous déplaçant d’un pas, le monde acceptera de bouger avec nous.

Au cœur de mon projet se trouve l’écriture des récits manquants. Les pièces absentes de notre puzzle collectif. Des histoires que nous n’avons pas encore entendues, ou pas assez, ou invisibilisées. Ce cœur battant irrigue notre programmation, nos créations, nos actions culturelles. Car le théâtre ne se résume pas à divertir, ni seulement à éveiller, ni uniquement à créer du lien social — même s’il fait tout cela à la fois. Sa mission essentielle est de faire société.

Faire société, c’est apprendre à nous connaître dans nos langues, nos cultures, nos croyances, nos différences. Mais cela ne peut advenir sans enrichir nos imaginaires. Ces territoires intérieurs dont nous héritons et que nous pouvons agrandir sans cesse. Un espace infini qui façonne nos certitudes, nos limites et notre capacité à rencontrer l’autre. L’art cherche ce consentement fragile : celui d’élargir ce champ intérieur. Par la poésie, d’un texte, par la vibration d’une musique, par la puissance d’une image. Faire naître le trouble artistique pour fissurer nos armures de certitudes et accueillir la réalité du monde — et celle des récits qui nous manquent encore. C’est ce chemin que je vous propose de poursuivre. Ensemble. Parce que le théâtre n’existe que lorsqu’il est partagé.

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Abdelwaheb Sefsaf, directeur du CDN de Sartrouville