Un attentat au cœur

Il est des événements qui nous frappent au cœur. Et il en est d'autres qui nous obligent à regarder le monde en face, à regarder notre pays, notre société, et parfois même à nous regarder nous-mêmes.
Suite à l'attentat raciste, l
e 23 octobre dernier, à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, notre département, qui a coûté la vie à Pengo Bossio-Wangi, âgé de 26 ans, jeune espoir français du MMA et blessé cinq autres personnes ont été blessées, parmi lesquelles une enfant de douze ans, Abdelwaheb Sefsaf souhaitait rendre hommage aux victimes et adresser un message d'humanité.

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Il est des événements qui nous frappent au cœur. Et il en est d’autres qui nous obligent à regarder le monde en face, à regarder notre pays, notre société, et parfois même à nous regarder nous-mêmes.

Le 23 octobre dernier, à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines, notre département, une fusillade raciste a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, âgé de 26 ans, jeune espoir français du MMA. Cinq autres personnes ont été blessées, parmi lesquelles une enfant de douze ans.

Une enfant de douze ans qui, après avoir survécu à cette violence, dira à ses parents ces mots bouleversants : « Je me suis battue pour vous. »

Il faudrait pouvoir s’arrêter là. S’arrêter devant ces mots. Devant cette enfant. Devant cette vie fauchée. Devant ces familles auxquelles rien ne rendra désormais ce qui leur a été arraché.

Mais nous ne le pouvons pas.

Car cet acte n’est pas seulement un crime. Il est le symptôme terrible d’une maladie qui gagne notre société : celle de la haine de l’autre, de sa désignation comme ennemi, de sa réduction à une couleur de peau, à une origine, à une religion.

L’auteur présumé des tirs, dont les motivations racistes et islamophobes ont été mises en évidence au cours de l’enquête, aurait revendiqué le fait d’avoir visé des personnes noires et arabes. Son geste meurtrier s’inscrit dans un climat idéologique où le fantasme, le ressentiment et la haine finissent par se confondre jusqu’à devenir une justification du meurtre.

Cet attentat perpétré ici, sur cette terre familière, dans ces Yvelines qui sont les nôtres, nous rappelle, si besoin était, que la haine n’habite pas seulement les marges lointaines de notre société. Elle peut surgir au détour d’une rue, devant nos maisons, au milieu de nos vies ordinaires.

Elle peut prendre plusieurs visages. Raciste, xénophobe, antisémite, islamophobe, homophobe. Elle change de cible, mais elle obéit toujours à la même mécanique : désigner l’autre, le rendre étranger à notre humanité, lui retirer peu à peu sa place parmi nous.

Et toujours, toujours, elle se nourrit de mots.

 

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