Dans La Lettre, Arne et Olga ont parcouru le monde aux côtés de grands metteurs en scène. Arne rêve d’incarner Treplev, personnage tourmenté de La Mouette de Tchekhov. Tandis qu’Olga, comédienne, est fascinée par Jeanne d’Arc, figure historique de sa ville natale. Ils échouent à toutes les auditions et s’obstinent à jouer à contre-emploi. Dans un décor volontairement dépouillé, ils s’adressent directement au public et improvisent des saynètes où se mêlent avec beaucoup d’humour scènes emblématiques de La Mouette, épisodes de la vie de Jeanne d’Arc et récits personnels.
Déjà salué par la critique pour The Interrogation, autour de la vie d’Édouard Louis, Milo Rau, auteur et metteur en scène suisse, poursuit sa réflexion sur le rôle du théâtre. Plus qu’un divertissement, il en fait un espace de confrontation avec la réalité du monde. Dans une forme populaire et participative portée par des acteurs magistraux, La Lettre invite chacun à interroger sa propre vie.
Papy Quichotte raconte l’histoire de la jeune Sacha, en CE2, pour qui la vie de famille semble bien ennuyeuse. Un jour, tout bascule : Papy perd la boule et se prend pour Don Quichotte, persuadé qu’il doit partir en croisade pour lutter contre les injustices. Le salon familial se transforme alors en un fabuleux terrain d’aventures romanesques : les coussins s’animent, des oiseaux et un cheval traversent la pièce. Toute la famille entre dans le jeu et enfile cottes de mailles et boucliers : Sacha devient l’écuyère fidèle, Sacha Panzo, Papa se change en chevalier Lancelot et Maman se rêve en Castafiore.
Dans ce conte moderne et fantasque, Elsa Granat pose un regard tendre sur la vieillesse et les liens entre les générations. Une fable inventive, drôle et pleine de fantaisie, à partager en famille.
Un temps d’échange conçu comme une mise en bouche culturelle autour des spectacles qu’ils introduisent. En amont de certaines représentations, les Avant-scène invitent le public à réfléchir aux thématiques de la pièce, grâce à l’intervention d’experts et d’invités issus de différents domaines. Ces rencontres offrent des clés de lecture, un éclairage contextuel et nourrissent l’expérience du spectacle. Un format convivial et ouvert à tous !
Radio Live : Réuni·es est un spectacle imaginé par Aurélie Charon. Il donne la parole à des jeunes venus d’horizons différents autour des questions d’engagement, de mémoire et d’identité. Après avoir accueilli des récits bouleversants venant de Syrie, d’Ukraine, du Liban et de Gaza, trois nouvelles personnalités prennent la parole. Yannick, danseur rwandais, cherche à briser le silence laissé par le génocide. Karam témoigne de sa triple identité de Palestinien réfugié en Syrie, puis en France. Sihame fait cohabiter au quotidien ses deux cultures, française et marocaine.
Portée par un théâtre documentaire captivant et une scénographie pop, l’équipe de Radio Live : Réuni·es déploie une enquête journalistique puissante. Cette création se réinvente à chaque représentation face au public. Entre entretiens en direct, récits de mémoire, projections et musique live, le spectacle propose une expérience immersive. Il esquisse une réflexion lumineuse sur l’amitié comme force collective.
Boat People retrace les récits des milliers de réfugiés qui ont traversé la mer dans les années 1970 pour fuir le Laos, le Vietnam et le Cambodge. Parmi eux, un couple et leur enfant. Accueillis en France par une famille provinciale, ils doivent tout réapprendre : la langue, les codes, l’hiver, la distance, l’espoir.
Après Nos corps empoisonnés, Marine Bachelot Nguyen poursuit son exploration du passé de l’ex- Indochine. Avec Boat People, elle tisse une fresque théâtrale où l’intime rencontre la grande Histoire. L’autrice et metteuse en scène fait dialoguer récits familiaux et images d’archives pour raconter cette vague de solidarité historique, mais aussi les silences, les blessures et les liens qui se tissent. Sans morale appuyée ni pathos, le spectacle donne chair à ceux que l’on appelait alors les « boat people » et à la générosité et la motivation des familles d’accueil. Un récit passionnant et bouleversant sur une zone d’ombre des récits migratoires.
Un temps d’échange conçu comme une mise en bouche culturelle autour des spectacles qu’ils introduisent. En amont de certaines représentations, les Avant-scène invitent le public à réfléchir aux thématiques de la pièce, grâce à l’intervention d’experts et d’invités issus de différents domaines. Ces rencontres offrent des clés de lecture, un éclairage contextuel et nourrissent l’expérience du spectacle. Un format convivial et ouvert à tous !
Maître du théâtre épique, à la fois artistique et profondément politique, Bertolt Brecht est l’un des plus grands dramaturges du XXe siècle. Écrite en exil en 1938, Grand-Peur et Misère du IIIe Reich s’appuie sur des témoignages et des faits réels pour raconter comment le fascisme s’est infiltré insidieusement dans la vie quotidienne : au sein des familles, dans les écoles, les tribunaux, dans les usines.
Sur scène, douze interprètes, tous remarquables, endossent plusieurs rôles. Dans une mise en scène engagée, mêlant l’usage subtil de la vidéo et une scénographie en mouvement, la metteuse en scène Julie Duclos éclaire avec finesse les mécanismes d’un régime fondé sur la peur, tout en donnant chair aux êtres humains qui le subissent. Le passé résonne alors avec notre présent, et le théâtre devient un lieu vivant de la réflexion et de l’émotion. Un spectacle puissant, actuel et nécessaire qui nous rappelle combien la vigilance demeure essentielle.
Nono va avoir 10 ans. Son anniversaire, ça va être la fête du siècle. Les invitations sont envoyées, la playlist soigneusement préparée, les discours répétés. Tout est bien consigné dans « Le cahier de ma fiesta ». Et pour la première fois, la fête se prolongera jusqu’à 21 heures ! Dans la cour de récréation, l’excitation est à son comble : on ne parle que de cette méga fiesta. Mais catastrophe, flash spécial, le président annonce que la redoutable tempête Marie-Thérèse va s’abattre sur tout le pays. Tout le monde doit rester cloîtrer pour une durée indéterminée. Alors… on annule ou pas ?
Dans une scénographie immersive, les spectateurs sont plongés au cœur des discussions, stratégies et complots des enfants, bien décidés à maintenir la fête. Avec tendresse et humour, cette pièce célèbre la force de l’amitié et la puissance du collectif.
Vertiges suit Nadir, père de deux fillettes devenu chef d’entreprise, qui ressent le besoin de retourner dans sa famille, quittée des années plus tôt pour tenter une ascension sociale. Beaucoup de choses ont changé dans la banlieue de sa jeunesse : l’immeuble s’abîme, les habitants s’appauvrissent. Les retrouvailles familiales sont amères. Sa mère est épuisée, son père, usé par le travail, rêve d’un retour en Algérie. Son frère et sa sœur cherchent leur place. Entre Nadir, devenu étranger aux siens, et sa famille, le conflit éclate.
Dans Vertiges, Nasser Djemaï, directeur du Théâtre des Quartiers d’Ivry, signe un récit autobiographique émouvant et profondément humain. À travers cette odyssée, traversée d’une troublante dimension fantastique, il explore la fracture du transfuge de classe, l’éloignement progressif de ses origines et la difficulté d’appartenir à deux mondes. Une pièce qui touche, interpelle et résonne en chacun de nous.
Il y a trois jours, un événement grave a secoué la classe de quatrième A et déclenché la révolte des élèves. À travers ses souvenirs et ceux de ses camarades, Emma, surnommée la Discrète, remonte le fil de cette journée mémorable. Les voix se succèdent et chacun prend la parole : l’Amoureuse, la Meilleure Amie, le BeauGos, le Délégué, la Wifille, le Nouveau et même les surveillants et professeurs. Tous témoignent avec énergie et humour des injustices, des tensions et des inégalités que traversent l’espace scolaire. Peu à peu, la classe s’organise et fait jaillir un acte de rébellion à la fois sauvage et poétique.
Dans cette pièce chorale, écrite en immersion dans un collège, cinq comédiens endossent avec panache et justesse les trente personnages du récit. À travers une mise en scène trépidante et un langage adolescent truffé d’expressions imagées, Julia Vidit, directrice du théâtre de la Manufacture à Nancy, offre une initiation vivante à l’engagement collectif et à l’éveil citoyen.