Il y a trois jours, un événement grave a secoué la classe de quatrième A et déclenché la révolte des élèves. À travers ses souvenirs et ceux de ses camarades, Emma, surnommée la Discrète, remonte le fil de cette journée mémorable. Les voix se succèdent et chacun prend la parole : l’Amoureuse, la Meilleure Amie, le BeauGos, le Délégué, la Wifille, le Nouveau et même les surveillants et professeurs. Tous témoignent avec énergie et humour des injustices, des tensions et des inégalités que traversent l’espace scolaire. Peu à peu, la classe s’organise et fait jaillir un acte de rébellion à la fois sauvage et poétique.
Dans cette pièce chorale, écrite en immersion dans un collège, cinq comédiens endossent avec panache et justesse les trente personnages du récit. À travers une mise en scène trépidante et un langage adolescent truffé d’expressions imagées, Julia Vidit, directrice du théâtre de la Manufacture à Nancy, offre une initiation vivante à l’engagement collectif et à l’éveil citoyen.
Pyykki suit deux amis déterminés à résoudre le mystère de la disparition des chaussettes. L’enquête les entraîne au cœur de la buanderie, un royaume surréaliste et vibrant, peuplé de personnages fantastiques et de transformations ludiques. Sur le fil à linge, deux pantalons ordinaires prennent des allures de chameaux, la vieille veste suspendue près d’un tee-shirt devient une vache, et des shorts associés à une rangée de chaussettes se métamorphosent en dinosaures.
Tout droit venue de Finlande, la compagnie Portmanteau, de renommée internationale, transforme une scène quotidienne banale en terrain de jeu magique, rempli de trouvailles visuelles et de poésie. Mêlant cirque, danse, magie, marionnettes et manipulation d’objets, Pyykki est d’une inventivité foisonnante et offre un moment réjouissant à partager en famille.
Quand l’univers débridé d’Omar Porras rencontre l’élégance de Laurent Natrella (ancien sociétaire de la Comédie-Française) le chef-d’œuvre de Musset prend une claque monumentale de modernité, aux couleurs pop rock acidulées !
Pourquoi cette fantaisie-là, incarnée par huit comédiens magnétiques et transfigurés ? Pour le miroir qu’elle tend à une jeunesse contemporaine, désabusée et cependant magnifique.
Dans ses habits clinquants mi-punk mi-flashy, Fantasio (Hugo Braillard) ne proclame rien, il avoue son mal de vivre, affichant pourtant sa volonté d’embrasser le monde, jusqu’au pire. Avec toute la créativité pour s’en accommoder.
Et que l’on goûte à l’arrogante exubérance du prince de Mantoue (Pierre Boulben) ou à l’indifférence résignée de la princesse Elsbeth (Loubna Raigneau), cette comédie facétieuse pulse, brille et fait un bien fou.
Kevin n’a pas réussi à l’école. Mais pourquoi lui plutôt que Diane ? Deux anciens professeurs, devenus comédiens, pointent les failles du système éducatif. Un système trop souvent champion pour reproduire les inégalités sociales. À l’aide d’un dispositif numérique interactif, les spectateurs mènent l’enquête pour déterminer les causes d’un tel constat : raisonnements, illustrations et statistiques diverses. Chaque spectateur est invité à se positionner. >Entre performance et théâtre documentaire, Arnaud Hoedt et Jérôme Piron bousculent avec beaucoup d’humour, et un solide ancrage en histoire et sociologie, les idées reçues sur l’école et l’égalité des chances. Un spectacle ludique, participatif et joyeusement impertinent.
Artiste iconoclaste, Marina Gomes puise dans son expérience de terrain pour nourrir son art résolument engagé. Dans Plutôt le feu que les larmes, elle s’inspire de l’engagement des femmes dans les mouvements insurrectionnels libertaires, notamment celui des femmes zapatistes, figures de résistance et d’émancipation.
Porté par douze danseuses, le spectacle déploie une écriture du réel, à la croisée de la chorégraphie documentaire et du geste esthétisé. Il interroge la résistance, la puissance collective et les formes de lutte, entre force et vulnérabilité, fierté et humilité. Ancrée dans la street culture et les codes du hip-hop, la pièce mêle chants révolutionnaires et textures musicales contemporaines pour composer une création entièrement féminine, puissante et ardente.
Dans Choeur des amants, un couple se souvient d’une nuit où tout a failli basculer. Dans un même souffle, chacun raconte sa version de cet événement suspendu, qui loin de les briser, a scellé leur lien. Les voix s’entrelacent, les souvenirs se heurtent, composant un récit polyphonique, poignant et vibrant.
Dans ce texte de jeunesse autobiographique, Tiago Rodrigues, directeur du Festival d’Avignon, explore avec maestria la fragilité de l’amour et la force du récit partagé. Portés par une écriture haletante et musicale, Alma Palacios et David Geselson incarnent avec intensité ce chœur amoureux et livrent une performance théâtrale intense. Choeur des amants est une ode lumineuse à l’amour qui se dresse devant les obstacles.
On connaît la passion de George Sand pour la marionnette ! Rien de surprenant à ce que Les Anges au Plafond aient croisé son chemin et que des liens de sororité se soient tissés avec cette amie hors norme, insoumise et engagée. Sur scène, George sans S nous transporte à Nohant, lieu emblématique de son univers. Le public y prend place, comme invité à entrer dans ce décor tant aimé. Quatre femmes incarnent tour à tour l’écrivaine et donnent vie aux personnages si attachants de ses romans, le temps imaginaire d’un tour de cadran. Les frontières entre les époques s’effacent et la sensibilité de George s’affranchit du papier pour nous signifier que la liberté est un art à cultiver. George sans S, c’est une invitation à faire de la liberté un art de vivre.
Un temps d’échange conçu comme une mise en bouche culturelle autour des spectacles qu’ils introduisent. En amont de certaines représentations, les Avant-scène invitent le public à réfléchir aux thématiques de la pièce, grâce à l’intervention d’experts et d’invités issus de différents domaines. Ces rencontres offrent des clés de lecture, un éclairage contextuel et nourrissent l’expérience du spectacle. Un format convivial et ouvert à tous !
Entre Parenthèses raconte l’histoire d’Alma, la trentaine, qui un soir d’hiver, reçoit un appel de la brigade des mineurs. Vingt-quatre ans se sont écoulés depuis le jour où, à 9 ans, elle a porté plainte pour agression sexuelle. Deux enquêtrices déterminées ont rouvert un cold case : 72 faits similaires dans un quartier aisé de Paris. Le suspect récidiviste, enfin identifié, sera jugé dans un procès hors norme réunissant plusieurs dizaines de victimes. Face à ce passé qui refait surface, Alma entre en résistance.
En adaptant le récit d’Adélaïde Bon, Pauline Bureau déploie une fresque chorale saisissante. Elle y ausculte avec sensibilité et précision le traitement judiciaire des violences sexuelles et ses silences. À travers le parcours intérieur d’Alma et celui des enquêtrices, la pièce interroge les institutions et tisse le fil d’un combat intime et collectif, où affleure l’espoir fragile d’une réparation et d’une reconstruction. Un théâtre documenté bouleversant.
Avec Le Murmure des songes, Kader Attou nous invite dans sa chambre d’enfance. La lumière s’éteint et soudain un monde aérien et aquatique se déploie sur la tapisserie murale. Chimères, plantes luxuriantes et animaux fantastiques envahissent le plateau et nous plongent dans l’univers onirique du chorégraphe. Un quatuor de danseurs, mêlant hip- hop, acrobaties et danse classique, surgit avec une fluidité fascinante. Les corps dialoguent avec les images, créant des situations à la fois drôles, surprenantes et poétiques.
Figure majeure de la danse hip-hop, Kader Attou propose une scénographie immersive où l’imaginaire devient territoire de liberté. Une chorégraphie merveilleuse qui nous invite à plonger dans nos rêves les plus créatifs.
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