Hommage à Catherine Dasté

À Catherine Dasté

Il y a des êtres qui continuent de nous accompagner, longtemps après leur disparition.

Catherine Dasté est de ceux-là.

Son histoire est profondément liée à celle de Sartrouville. En 1969, elle vient dans les écoles de la ville, écoute les enfants, recueille leurs histoires, leurs mots, leurs imaginaires !

De ces rencontres naissent des spectacles.

Une conviction s’installe : les enfants ont droit à un théâtre qui ne soit ni au rabais, ni à côté du théâtre des adultes. Un théâtre qui leur parle vraiment, qui leur fait confiance, qui prend au sérieux leur regard et leur intelligence.

Avec sa compagnie La pomme verte, Catherine Dasté s’installe alors à Sartrouville et y engage une aventure qui va profondément marquer l’histoire de notre maison : une politique de création pensée pour l’enfance et la jeunesse qui se poursuivra après son départ, inscrivant durablement cette attention aux jeunes spectateurs dans l’identité du théâtre.

Ce qui pourrait n’être qu’une page de notre histoire est beaucoup plus que cela, car cette attention portée aux jeunes spectateurs, cette volonté de créer avec eux et pour eux, de considérer leur imaginaire comme une force artistique, est devenue au fil du temps une part essentielle de l’identité du Théâtre.

De la présence de Catherine Dasté à la naissance d’Heyoka, du développement de la création pour la jeunesse au festival Odyssées, jusqu’aux artistes qui, aujourd’hui encore, viennent créer pour les enfants et les adolescents, un même fil se dessine.

Un fil que l’on ne voit pas toujours, mais qui relie les générations d’artistes, de spectateurs et de professionnels qui ont fait et font encore le théâtre de Sartrouville.

Catherine Dasté nous rappelle aussi quelque chose de précieux : qu’un théâtre n’existe véritablement que s’il sait regarder autour de lui, écouter celles et ceux qui l’habitent et aller à la rencontre de ceux qui n’y sont pas encore venus.

C’est sans doute l’un des plus beaux héritages qu’elle nous laisse.

À Sartrouville, son geste n’est pas derrière nous, il continue de vivre dans les spectacles, dans les rencontres, dans les écoles, dans les salles et dans le regard de ces jeunes spectateurs qui découvrent, à leur tour, qu’un théâtre peut être un endroit où tout devient possible.

Merci, Catherine Dasté, d’avoir contribué à ouvrir cette voie.

Et merci d’avoir fait du Théâtre de Sartrouville et des Yvelines – Centre dramatique national, une maison où, depuis tant d’années, l’enfance a toute sa place.