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Jeanne a 16 ans, un quotidien difficile au lycée, des parents trop stricts, une religion qui la bride et des désirs qui débordent. Un soir, seule dans sa chambre, elle se connecte en direct sur Instagram et se livre face à ses abonnés, sans retenue ni tabous.
L’autrice et metteure en scène Marion Siéfert s’inspire de sa jeunesse à Orléans pour nous (re)plonger dans les tourments adolescents. Elle a confié l’interprétation de ce solo à Helena de Laurens, qui se métamorphose sous les yeux des spectateurs, qu’ils soient dans la salle ou derrière leurs écrans. La comédienne se livre à une véritable performance à la fois théâtrale, chorégraphique et cinématographique, grâce à un dispositif scénique inédit : deux écrans entourant la scène, sur lesquels sont projetés en direct l’image de Jeanne qui se filme mais aussi les commentaires des followers qui défilent. Une proposition « coup de cœur » à ne pas rater !

Gros

Durant les premières années de sa vie, ses parents n’auront de cesse de le voir enfin prendre du poids. Mais il restera « la petite crevette » jusqu’à ses 10 ans. Cet été-là, il va se découvrir un appétit pantagruélique et devenir le « petit gros » qui fera désormais l’objet des moqueries au collège.

Auteur prolifique d’une trentaine de textes de théâtre, Sylvain Levey signe ici un récit en partie autobiographique profond et délicat, qu’il interprète seul en scène dans le décor intime d’un appartement. Entre la salle à manger et la cuisine où il confectionne en direct un gâteau au chocolat, il se livre aux confidences et passe, avec lucidité et malice, de l’humour à la gravité. Sur une bande-son truffée de bruitages, d’archives et de chansons pop-rock, il nous conte pêle-mêle la difficulté d’accepter son corps d’adolescent, sa passion pour le beurre, la crainte de ne jamais être aimé et sa rencontre déterminante avec le théâtre et l’écriture. Il déroule le fil d’une histoire dans laquelle chacun·e pourra se reconnaître, explorant avec finesse les émotions de l’enfance et l’audace de se construire avec sa singularité.

Le Voyage de Gulliver

Seul rescapé d’un naufrage, Gulliver s’éveille sur le rivage, assailli par des êtres minuscules, qui le font prisonnier et le présentent à l’empereur et à sa femme l’impératrice Cachaça. Géant pacifique, Gulliver observe l’agitation des hommes et la versatilité des puissants, leur goût du pouvoir et de la guerre.

Écrit deux ans après les Aventures de Robinson Crusoé, de Daniel Defoe, le roman de Jonathan Swift est une satire sociale et politique de la société anglaise du xviiie siècle. Christian Hecq et Valérie Lesort transposent ces aventures pour en faire un hymne à la différence. Après les succès de 20 000 Lieues sous les mers et de La Mouche, le duo d’artistes déploie dans cette nouvelle création son univers merveilleux mêlant théâtre, marionnettes hybrides, manipulation d’objets et trouvailles visuelles, le tout rythmé par des chansons et de la musique originale. Il exalte, avec une ironie piquante et jubilatoire, ce classique foisonnant à (re)découvrir en famille.

La Belle au Bois dormant

Trois fées nulles en magie, une princesse têtue, un prince maladivement timide… Si, il s’agit bien de La Belle au bois dormant ! Mais dans une version réactualisée et pleine de surprises, alliant théâtre et musique.
Étonner les jeunes spectateurs en renouvelant des histoires qu’ils connaissent par cœur : telle est la démarche du Collectif Ubique, compagnie formée de trois artistes jonglant à leur guise entre la comédie, le chant et les instruments. Le trio a ici réécrit le texte original de Charles Perrault pour en briser les conventions et clichés avec humour et dérision.
Les dialogues y côtoient les vers rimés de chansons, et les interprètes chamboulent joyeusement la galerie des personnages – ainsi, les hommes jouent les fées ! La musique est omniprésente, et les instruments, manipulés en direct, sont aussi merveilleux que le récit : guitare baroque, cornemuse, violon, théorbe, Bodhrán, appeaux… Ils sont les héros de ce conte habilement « secoué » !

Illusions perdues

Lucien Chardon, fils d’une mère noble et d’un père roturier, quitte Angoulême pour rejoindre Paris avec l’ambition d’y obtenir la gloire, l’amour et l’argent. Introduit dans les cercles littéraires et artistiques de la capitale, il réussit en tant que journaliste et s’éprend de la jeune Coralie. Mais les jeux de pouvoir et les compromissions qui lui ont valu son ascension rapide vont, dans le même mouvement, provoquer sa chute.
Après l’impressionnant Iliade/Odyssée accueilli en 2018, Pauline Bayle s’attèle de nouveau à un grand texte fondateur de la littérature. Elle condense savamment ces sept cents pages extraites de La Comédie humaine pour les déployer dans un espace quadrifrontal où s’activent cinq interprètes incarnant dix-huit personnages. Comme sur un ring, ils empoignent cette œuvre avec ferveur et en font résonner les thèmes toujours actuels : l’esprit de conquête, la mécanique du pouvoir et la perte des illusions… qui peut parfois être fatale. Une exploration théâtrale éblouissante.

Möbius

Les artistes de la Compagnie XY ont le don de se réinventer à chaque création, tout en restant fidèles à leurs domaines de prédilection : la pratique des portés, l’acrobatie en grand groupe et l’exploration d’un espace sans cesse élargi. Ils nous avaient enthousiasmés avec Le Grand C et Il n’est pas encore minuit. Cette fois, c’est sous l’impulsion du chorégraphe Rachid Ouramdane qu’ils poussent leurs gestes acrobatiques vers de nouveaux vertiges visuels. Les murmurations, ballets en vol coordonné que l’on observe chez les étourneaux, sont la source d’inspiration de ce spectacle pour dix-huit interprètes. Jouant des effets de lévitation, de slow motion, d’accélération, d’envols et de déflagrations, le groupe forme une nuée instable et fragile au mouvement sans fin. Tandis que la danse dessine dans l’espace les motifs de cet essaim tourbillonnant, porteurs et voltigeurs propulsent la danse vers les hauteurs, de sauts majestueux en pyramides périlleuses. Un ballet à la beauté sidérante.

Nous, dans le désordre

Ismaël a 20 ans. Subitement, il décide d’aller s’allonger à l’orée de la forêt, en laissant à ses proches quelques mots aussi radicaux qu’énigmatiques : « Je vais bien. Je ne dirai rien de plus. Je ne me relèverai pas. » Sa famille et ses amis, bientôt rejoints par des inconnus, se relaient à son chevet pour tenter de comprendre son geste.
Estelle Savasta, auteure du spectacle hic et nunc (festival Odyssées en Yvelines 2018), met en scène une fable sur la transgression qui nous saisit, quel que soit notre âge, par les questions qu’elle pose. Qu’est-ce qui nous lie les uns aux autres ? Les nombreux personnages de cette histoire, incarnés par cinq comédiens, se soutiennent et s’affrontent, dans la douceur ou la violence, pour essayer de trouver des réponses. Un spectacle à la beauté envoûtante, traversé par un texte fort, des images en clair-obscur inspirantes et une musique aérienne.

Acqua Alta

Après le succès de Pixel (leur co-création avec le chorégraphe Mourad Merzouki, accueillie en 2016), Claire Bardainne et Adrien Mondot nous invitent à vivre une nouvelle expérience à la croisée des mondes réels, virtuels et imaginaires. Une femme et un homme nous emportent sous la pluie, au creux des vagues et contre le courant. On pénètre avec eux dans un univers fantastique où des flots d’encre noire abritent d’étranges méduses… Trois variations d’une même histoire, trois formats singuliers.

• Acqua Alta – Noir d’encre : un spectacle de théâtre visuel, mêlant danse et images numériques vivantes
(55 min, à partir de 8 ans)

• EXPOSITION EN ENTRÉE LIBRE
1h30 avant et 1h après les représentations / le mercredi de 14h à 18h30
• Acqua Alta – La traversée du miroir : un livre dont les dessins et les volumes en papier forment les décors de l’histoire visible en réalité augmentée
(15 min,  à partir de 8 ans, accompagné d’un adulte)
• Acqua Alta – Tête-à-tête : une expérience en réalité virtuelle où l’une des scènes est vécue de façon immersive dans un casque individuel
(3 min,  à partir de 13 ans)

Jazz partage #3

Timbre chaud, sincérité débordante et swing fringant : Sara Lazarus est l’une des voix incontournables du jazz féminin. Victorieuse du prestigieux concours international Thelonious Monk, elle a écumé les grands festivals en solo ou en groupe, avec l’American Youth Jazz Band ou Biréli Lagrène. Entourée d’un piano, d’une contrebasse et d’une batterie, elle puisera dans le réservoir des standards pour laisser libre cours à sa spontanéité, et posera son vibrato délicat sur des morceaux portant les marques indélébiles de Cole Porter, Billie Holiday ou Duke Ellington.
Le souffle cuivré du saxophoniste Olivier Témime rejoindra ensuite ce trio instrumental pour accueillir Michele Hendricks, l’une des maîtresses incontestées du scat et grande spécialiste d’Ella Fitzgerald. Fille de Jon Hendricks, jazzman acclamé avec qui elle a arpenté la scène dès son plus jeune âge, Michele a multiplié, au fil de sa carrière, les collaborations avec des monstres sacrés tels que Stan Getz, Count Basie, Benny Carter, Al Jarreau ou Herbie Hancock. Auteure, compositrice et arrangeuse, elle glissera la modernité de son swing dans des chansons devenues mythiques et des classiques instrumentaux auxquels elle a ajouté des paroles.

La Mouette

Jeune auteur avant-gardiste, Constantin est rejeté par Nina, qui lui préfère un écrivain célèbre. Il cherche désespérément la reconnaissance de sa mère, tandis que son oncle malade affronte l’idée de la mort.
Après avoir ausculté un drame familial dans Festen (accueilli à Sartrouville en 2018) et mis en scène Isabelle Adjani dans Opening Night, Cyril Teste s’attaque à une pièce majeure de Tchekhov. Dans cette nouvelle performance filmique, l’écriture théâtrale repose sur un dispositif cinématographique en temps réel et à vue. La maison de campagne où se déroule l’intrigue en est un personnage à part entière. Aux prises avec le désir de créer, l’amour non partagé et leurs rêves inassouvis, les huit interprètes y évoluent, de scènes chorales en moments intimes, suivis par des caméras. Elles saisissent leurs états émotionnels, l’énergie d’un geste ou la magie d’une présence, tandis que le travail minutieux du hors-champ traque l’intériorité de leurs sentiments dans l’envers du décor. Sur des toiles blanches, le temps du cinéma surgit dans le présent du théâtre, et les frontières se brouillent entre réel et fiction. Une prouesse artistique et un choc esthétique.